Résistances para-nationales chez les Ayt Sokhman et Ayt Yafelman dans le Haut Atlas marocain (1929-1933).

Antécédents historiques

Procédons d’abord à un rappel historique et campons les protagonistes dans leur décor.  Avant d’affronter l’armée française, les Ayt Sokhman ont déjà un solide passé de résistance anti-makhzénienne. À la fin du 19e siècle, sous la houlette de Sidi ‘Ali Amhaouch, ils ont eu maille à partir avec les troupes « sultaniennes » : éléments dissidents chez les Ayt Daoud ou ‘Ali (région d’Anergui) qui défient avec succès un caïd makhzen que l’on cherche à leur imposer ; guet-apens du Tizi n-Tighanimine (1885) où Moulay Srour,  cousin de Hassan Ier, est tué ; bataille de l’Isrouta (1889), enfin, qui voit les guerriers du coin barrer la route à la mehalla chérifienne. Traditionnellement situés dans la mouvance « amhaouchienne » les Ayt Sokhman ont également participé, bien que de loin, à la rivalité qui a agité ces parages fin-19e/ début-20e siècle entre le « roi de la montagne » (c’est le nom que l’on donnait à ‘Ali Amhaouch) et le jeune caïd zaïani. Les Ayt Yafelman eux non plus ne sont pas en reste en matière d’opposition au pouvoir makhzénien. Déjà, après la bataille de Lenda (1818) des canons pris à la mehalla de Moulay Sliman avaient aboutis à Tounfit. Les Ayt Yahya, maître des voies de passage depuis la Moulouya vers le haut Ziz, font largement figure de trublions et de pilleurs de caravanes ; dans ce domaine les Ayt Hadiddou ne sont pas en reste.

Compte tenu des relents tenaces d’un contentieux ancien, agrémenté de jacqueries teintées de penchants anti-makhzéniens, sans parler des écarts verbaux de certains militants amazighes des temps modernes, il est permis de se poser la question suivante : la lutte menée par les montagnards tamazightophones contre l’envahisseur colonial relève-t-elle d’une résistance amazighe (pour ne pas dire « berbère »), ou mérite-t-elle d’être taxée de « nationale » ? C’est une interrogation ambigüe qu’il nous a été parfois donnée d’entendre. Cependant, afin d’esquiver toute futile polémique à propos du caractère intrinsèque de cette résistance, nous nous contenterons pour l’heure de retenir le qualificatif de « para-nationale ».

Motivations spirituelles

Plus que le temporel, c’est le spirituel qui prime chez des familles maraboutiques rivales dont l’influence se fait grandement sentir dans la région. Marabouts (igurramn) qui constituent parfois l’ultime recours pour des sociétés s’estimant flouées, trahies par leurs chefs nationaux. Leaders religieux qui savent souvent mieux que d’autres enflammer l’opinion, radicaliser la résistance. Bien que chef de guerre laïc, Ou-Skounti devra lui aussi composer avec le spirituel, annoncer à ses fidèles que si, lors de son passage, la mule du Prophète Mahomet a sanctifié les hauteurs du Baddou, jamais Dieu ne tolérera que les Roumis (irumin) y mettent le pied.

Et ce ne sont pas les centres religieux qui manquent dans le secteur : le pôle de soufisme qu’est la zaouïa de Sidi Hamza,  avec ses bardes errants (imdyazn) – véritable conscience de la communauté amazighe –qui essaiment à travers le haut-pays colportant des nouvelles concernant l’avance des Roumis et mobilisant ainsi les esprits. À peine moins importante : la zaouïa de Tilmi,  chez les Ayt Hadiddou, mais dont on sait peu quant à la doctrine spécifique. La prestigieuse Zaouit Ahansal, héritière de Dila, avec ses diverses ramifications à l’extrémité ouest de la zone qui nous préoccupe, et dont le rayonnement s’étend jusqu’aux abords de Tounfit.

Prédominante, toutefois, que la pensée « amhaouchienne » qui plane depuis le 18ème siècle sur l’ensemble du Maroc central ; doctrine teintée de messianisme –plus exactement de mahdisme – prônant l’espérance en des jours meilleurs à l’issu de la fin des temps (taxir zzaman), et qui débouchera sur une époque bénie liée à l’arrivée de l’être impeccable, le mahdi. Le tout étayé par une foule de prophéties, certaines évoquant l’époque des Berghawata ; d’autres annonçant la bataille de Tazizaout, et dont la plus prégnante concerne Lenda, qui renaîtra, dit-on, avec des tuiles plus vertes que celles de plus beaux monuments de Fès. Lenda : lieu mythique à la fois réel et intemporel, capital des temps futurs où le bien triomphera enfin du mal. Lenda, modeste village qui occupait encore tout récemment une place prépondérante dans l’imaginaire collectif local.

C’est la croyance en de telles promesses d’un devenir plus heureux qui semble permettre aux Berbères de l’Atlas (imaziġn)d’accepter  privations, défaite et soumission. Le thème du retour à des temps meilleurs se retrouve, en effet, dans la littérature orale de la région. Comprendre cela permet de se montrer moins sévère à l’encontre de ceux qui, à l’instar de Sidi Lmekki après le Tazizaout, semblent pactiser avec l’ennemi, car ils le font pour sauver ce qui peut l’être ; pour s’installer dans la durée.

Situation stratégique préalable

Une fois le Protectorat installé (1912) s’impose alors pour la puissance tutélaire la nécessité de donner de l’air au Maroc « utile ». Après El Ksiba (1913) et El Herri (1914), face à un adversaire coriace, mordant, la notion de « prestige de la montagne »,  occasionnée par ces revers, deviendra une des préoccupations majeures de l’État-major français, freinant parfois l’emploi de l’Armée d’Afrique. Lyautey cherchera à éviter, chaque fois qu’il le pourra, de se « flanquer dans un guêpier », mettant au contraire l’accent sur le travail politique (action des officiers du SR, ultérieurement des AI) ;  pratiquant la « tache d’huile » et/ou la « pénétration pacifique », afin de laisser pourrir une zone insoumise avant de l’occuper.

Comme au Moyen Âge, cependant, lorsqu’on doit faire campagne, ce sera  principalement à la belle saison : emploi du GM (Groupe Mobile, lkunur en Ber.) qui avance tel un gros hérisson, pour ne pas dire un rouleau-compresseur,   occupant le terrain ; par exemple pendant  les combats de la « Tache de Taza » (1921-26).

Face à elle, l’armée française trouve un ennemi très mobile, viscéralement adapté à la guérilla, qui ne résistera guère en rase campagne, et dont le manque de cohésion s’avérera plus apparent que réel. En fait, on relève de nombreuses tentatives de concertation (souvent sans succès) entre des chefs tels que Sidi ‘Ali Amhaouch, Moha ou Hammou azayi, Sidi Raho, Moha ou Saïd, Belqacem Ngadi, et d’autres. Le demi-succès de la grande révolte de  l’hiver 1918-1919 aura laissé clairement apparaître un mouvement d’ensemble des résistants englobant le Moyen Atlas, la Moulouya, la vallée du Ziz.C’est que la résistance dans l’Atlas marocain pouvait jusqu’alors compter sur des appuis venus de l’extérieur : les fameux agents allemands fomentateurs de révoltes berbères tant que durera la guerre ’14-’18 ; par la suite, des fusils espagnols capturés à Anoual par les Rifains, et que des trafiquants d’armes achemineront vers la « Tache de Taza » et le Grand Atlas jusqu’à la reddition d’Abdelkrim.

Période 1926-1929

Du côté français pendant cette sorte de « drôle de guerre » (1926-1929) sur le front de l’Atlas,  suite à l’heureuse issue du conflit rifain, et estimant le Maroc « utile » pour ainsi dire occupé et pacifié, on s’était contenté d’opérations de maintien de l’ordre, ou d’opérations de police, voire de rectifications de front, selon le jargon de l’époque.  Désormais, l’utilisation sans finesse manœuvrière du GM va faire place à la tactique de grignotage  employée  par De Loustal  dans la courtine de l’Oued el Abid : occuper le terrain de nuit puis s’installer en force sur des positions facilement défendables afin de mettre les résistants devant le fait accompli.

S’ils n’ont de secours à espérer de personne, sur le plan armement, l’accalmie de 1926-1929 aura permis la résistance  de se reposer, de panser ses blessures, de se procurer des armes, d’où importance de la contrebande, notamment via le Maroc espagnol, du côté de Sidi Ifni.  

Occasions, aussi, pour les résistants de se concerter : cas de planification lors d’une rencontre à la zaouïa de Si Yahya ou Youssef (près de Tounfit) entre les éminents marabouts que sont Mhand ou-Lhajj et Ou-Sidi (le « chérif » de Tilmi) qui débouchera sur le traquenard d’Ayt Yâqoub (1929).

Période 1931-1933

Côté français ce sont des préoccupations stratégiques qui reflètent à partir de 1931 une nouvelle donne : la perception très nette de la renaissance militaire allemande avec ce que cela peut comporter comme menace pour la Patrie. Il ne s’agit plus de « faire dans la dentelle », de pacifier au sens propre du terme, de pratiquer la politique de la « main tendue », ou de la « conquête des cœurs ». Il faut en finir au plus vite avec cette dernière « tache dissidente » du Grand Atlas, mettre le paquet au besoin. Puis libérer des effectifs pouvant ultérieurement servir en Europe.

De ce fait, après Ayt Yâqoub on note une très nette radicalisation de la « dissidence ». Finie l’époque du « baroud d’honneur » ; les combattants du « djebel » font preuve d’un jusqu’au-boutisme sans précédent. Lors d’opérations de bouclages menées par les troupes françaises, après avoir combattu jusqu’à épuisement de leurs forces, nombreux sont les réfractaires qui cherchent à rompre l’encerclement, à se réfugier toujours plus haut, toujours plus loin. Quelques exemples :- 

1)    Irréductibles échappés de la « Tache de Taza » qui avaient gagné le haut Atlas oriental en 1926/1927;

2)    Ayt Hemmou de Talsint, contraints à s’enfuir au Tafilalt, suite à l’insurrection de 1927 ;

3)    Réfugiés de la poche de Beqrit (Moyen-Atlas), qui gagnent la Haute Moulouya, notamment la région du Toujjit , et que les bardes qualifieront d’ayt tužžit, ; ceux-là mêmes  qui en 1932 viendront grossir les rangs des défenseurs du Tazizaout ;

4)    Rescapés du Tazizaout qui se réfugient en un premier temps chez les Ayt Hadiddou, puis au Baddou ; après la chute du Baddou quelques rares éléments s’enfuiront vers le Rio de Oro.

En cette phase terminale de la campagne des Atlas les résistants sont sérieusement handicapés. Ils ne disposent, en effet, d’aucune profondeur stratégique, d’aucune possibilité de repli vers une terre d’asile valable, hormis le Tafilalet qui, on vient de le voir, servira de place-forte, de marché principal, de base arrière pour les « djicheurs »Ayt ‘Isa Izem, Ayt Khebbach et Ayt Hemmou jusqu’à sa capture début 1932. Ce sera alors pour certains la traversée du désert  vers le Sahara espagnol – piètre refuge – que connaîtront des irréductibles du genre de Ma’ammi ou-Tfassiyt, ainsi que d’autres Zaïan ; de même que Belqacem Ngadi  et des  groupes armés d’Ayt Hemmou  et d’Ayt Khebbach.

Autre handicap majeur du côté des résistants : le blocus de la montagne ; les souks ne sont ravitaillés que de façon incertaine. S’ensuivent des privations de toute sorte, dont la famine, certaines familles étant contraintes de se nourrir de sauterelles et de glands de chêne.

Protagonistes de haut-mont

Les combattants du Grand Atlas ne seront sérieusement au contact de l’armée française que vers le début des années 1920, lors de la prise d’Aghhbala. Après, chez les Ayt Sokhman, tout en accueillant sur leur territoire, en rechignant parfois, des réfugiés du Moyen Atlas, ce sera le repli vers les hauteurs. Prélude aux ultimes péripéties de l’épopée « amhaouchienne » menant au Tazizaout.

Lorsque les colonnes, pénétrant en Haute Moulouya, dépassent Boumia en 1922 et font mine de menacer Tounfit, les Ayt Yahya montent au créneau, verrouillent les cluses de l’Oudghès, défendent farouchement l’accès de leur petite capitale au pied du Ma’asker. En 1929, ils participent à l’affaire d’Ayt Yâqoub, ce qui a pour résultat de renforcer leur combativité. Cependant, ils seront par la suite bien obligés de déchanter, tout comme leurs voisins, Ayt Hadiddou et Ayt Merghad, membres comme eux de la confédération Ayt Yafelman.

Les Ayt Hadiddou vivent auréolés d’une réputation d’inviolabilité, du fait de leur éloignement au cœur du Grand Atlas, dans leur habitat linéaire le long de l’Asif Melloul, ainsi que dans l’Isellaten et l’Imdghas. Ils sont clairement perçus par les combattants berbères comme constituant le réduit suprême de la résistance. Tant que l’Asif Melloul tiendra, tous les espoirs seront permis, thème d’ailleurs souvent colporté par l’oralité. Les Ayt Hadiddou ne seront exposés à l’armée française qu’en 1929 aux Ayt Yâqoub.

Il en va de même chez les Ayt Merghad, encore plus éloignés du pouvoir makhzénien, qui tiennent un vaste territoire comprenant l’ensemble de la vallée du Ghriss, certains cantons du Haut Dadès, de l’Amdghous, ainsi que des parcours dans le Jbel Ayachi. Tribu de réputation très largement siba (c'est-à-dire échappant au contrôle du pouvoir central), les Ayt Merghad se font tantôt la guerre entre clans, tantôt contre leurs frères Ayt Hadiddou. Si d’un côté ils semblent s’user en de stériles razzias et vendettas, qui ne s’achèveront que vers la fin des années 1920, ils en tirent par ailleurs une expérience quasi-permanente de la guérilla. Ceci leur servira aussitôt lors d’affrontements avec l’Armée d’Afrique ; dans le Sud-est marocain ce seront les derniers à déposer les armes (et plus tard les plus coriaces des militants amazighes).

La montagne se rebiffe

Les combats d’Ayt Yâqoub vont constituer un tournant dans les campagnes du Grand Atlas. Cependant, bien avant 1929, la montagne avait clairement averti qu’elle ne s’en laisserait pas conter impunément.

Les Ayt Hemmou de Talsint avaient, les premiers, donné le ton. En 1927, travaillés par les émissaires de Belqacem Ngadi et encouragés par leurs frères du nord rescapés du Tichoukt, de nombreuses bandes reprennent le maquis, effectuent des coups de main sur les lignes de communication de la vallée du Ziz. Ces « djicheurs » s’avéreront très vite insaisissables, mettant en échec aussi bien les Compagnies Montées de la Légion que les Sahariennes du Guir et du Ziz. Aïn Chaïr, Aoufous, Atchana ; autant d’escarmouches violentes où ils auront le dessus en 1928-1929.

Mais, en cette deuxième année, aux côtés de la harka combinée des Ayt Merghad, Ayt Hadiddou et Ayt Yahya, c’est surtout à Tahiant (mai 1929) que les Ayt Hemmou font parler d’eux, jouant un rôle déterminant dans la destruction du détachement Emmanuel lors d’une quasi-réédition du drame d’El Herri. Toutefois, devant l’enlisement qui s’ensuit pendant les dix jours du siège d’Ayt Yâqoub, les contingents Ayt Hemmou rentrent au pays, leur réputation d’invincibilité intacte.

On avait alors assisté à de combats acharnés, où le poste d’Ayt Yâqoub avait été à deux doigts d’être pris et, où, malgré le recul des résistants suite à l’arrivée de la colonne de secours depuis Midelt, malgré les pertes élevées des deux côtés, chez bon nombre d’irréductibles s’était enracinée la conviction que l’on avait failli battre les Français. Pour certains c’était chose faite – en tout cas une rumeur en ce sens avait couru en montagne. Il n’en fallait pas plus pour que se trouvât renforcée la réputation comme chef de guerre du « chérif » de Tilmi, Ou-Sidi, qui avait mené au combat les Ayt Hadiddou.

D’où radicalisation de la résistance : on organise des postes de garde en zone bordurière, on achemine de nouveaux stocks d’armes ; sur les souks  on regarnit les étuis de cartouches vides; sur le marché d’Imilchil (« la porte du grain ») se négocie à prix fort le peu de blé que l’on peut se procurer ; on intercepte et punit les fuyards cherchant à se soumettre. Et pour le reste on s’en remet à Dieu.

Sur le versant saharien également, chez les Ayt Merghad, les combattants de haut-mont font plus que tenir bon. L’homme du moment s’appelle Zayd ou-Skounti. Rusé et fin manœuvrier, il s’impose aux siens comme chef, contrairement à ce qu’avait prétendu dans un rapport des AI le Lieutenant Parlange (burlanž, pour les dissidents), qui en avait une piètre opinion. Ou-Skounti va dominer de son aura la phase terminale des combats du Grand Atlas.

C’est en premier le combat du Tizi n-Timezjaline (13 juillet 1930), où, accroché par Ou-Skounti et ses Ayt ‘Isa Izem, un jeune officier nommé de Hautecloque (pour ses hommes il sera laqluq = ‘héron’, ou ‘cigogne’),  confirme qu’il n’a pas « volé » ses galons de Lieutenant, tout en y laissant quelques « plumes ».

Le mois suivant se déroule l’affaire de Tarda (30 aoüt 1930), ou wi n-iwaliwn : encore un astucieux traquenard habillement monté par la résistance. C’est l’histoire d’un coup-de-main en aller-retour effectué de nuit au départ du poste de Tarda, contre un supposé campement d’Ayt Hemmou du côté de la gorge de Tadighoust, mais qui aboutit dans le vide. Ce qui contraint le détachement Boulet-Desbareau (mulay al-barud = ‘prince du baroud’) à une retraite en catastrophe,  attirant sur lui le gros des irréductibles de la région, Ou-Skounti en tête ; d’où de très lourdes pertes.

Si, après la mi-janvier 1932 le Tafilalet ne leur sert plus de havre de repos, les « djicheurs » Ayt Merghad et Ayt Hemmou n’en désarment pas pour autant. Mieux, ils sont encore capables d’infliger de cuisantes leçons à l’envahisseur. Un cas d’espèce : la tentative d’occupation de la palmeraie et du ksar d’Ifegh par des éléments des GM des Confins et de Marraekch, comprenant de vieux briscards comme le Lieutenant-colonel Chardon (šardu) et le Capitaine Paulin (bula) avec son Goum. Accrochage qui se solde par un succès tactique pour les résistants (au nombre de 400 seulement) au terme de trois jours de combat (11-13 février 1932), où l’on put retenir que :-

1)    Une fois de plus les Berbères du Sud-est marocain se montrèrent imbattables en combat de palmeraie ;

2)    ils eurent l’habileté tactique, le soir venu, de couper en amont l’eau qui alimentait les séguias, privant ainsi les attaquants d’eau potable et les contraignant à abandonner le terrain péniblement conquis;

3)    lors du décrochage, enfin, les dissidents réussirent à déborder et à malmener deux Goums.

Dans la deuxième moitié de la même année les forces d’occupation tombèrent sur un autre « os », cette fois-ci dans le Semgat, où le poste des AI d’Amellago était commandé par le Capitaine Guyetand (lqebṭan žiṭa), avec pour adjoint le Lieutenant Weygand (biga). Pendant l’été et une partie de l’automne, entre Guyetand et son adversaire Ou-Skounti, qui connaissait intimement le terrain,  l’affaire prit quasiment la forme d’un duel. Celui-ci fut marqué par trois pénibles épisodes :-

1)    l’embuscade du Tizi n-Midjider (26 mai 1932), au Nord d’Amellago, qui occasionna de lourdes pertes à une unité de Tirailleurs ;

2)    l’escarmouche du ksar d’Idmouma (25 juillet 1932) où un « djich » Ayt Merghad comptant seulement 4 hommes donna du fil à retordre au Goum de Guyetand ;

3)    le 25 octobre, pour en finir, Ou-Skounti ayant coupé le fil téléphonique entre Amellago et Agouddim Ikh Aman, attira ainsi dans une embuscade  le Goum de Guyetand, ce dernier étant tué.

C’était chaque fois pour les troupes coloniales une rude leçon à réapprendre : être toujours sur ses gardes et ne pas sous-estimer un rusé adversaire habile manœuvrier et plutôt bon tireur. La fâcheuse habitude, héritée du 19ème siècle, qu’avaient les jeunes officiers de mener leurs troupes au combat en s’exposant, revolver au poing, était souvent sanctionnée par une balle dans la tête.

Ce ne sera pas la dernière déconvenue. En 1933, lors de l’ultime phase des combats du Grand Atlas, deux rappels à l’ordre cinglants viendront à nouveau sanctionner des faiblesses momentanées. Le 1er mai (lendemain de la fête de Camerone) au Msedrid les Ayt Hadiddou, toujours sous Ou-Sidi, profitent du temps nuageux pour fondre sur un détachement de Légionnaires (laližu) mal remis de leur libations de la veille, et leur tuent pas mal de monde à la grenade et au poignard. Du côté des assaillants, c’est Zerban, lanceur de grenade émérite, qui contribue à ce succès, lequel redonna du mordant aux résistants. Enfin, deux jours de suite (les 5 et 6 août 1933), alors que l’étau se resserre autour de l’ultime poche du Baddou, au Tizi n-Hazmdoun ainsi que dans les défilés du Ghriss, les combattants Ayt Hadiddou et Ayt Merghad, animés par l’énergie du désespoir, infligent des pertes sévères à la Légion, ainsi qu’aux Tirailleurs.

Si l’envahisseur  est momentanément tenu en échec et accuse le coup, voyons à présent comment, malgré les trésors d’héroïsme dépensés par les résistants, c’est l’assaillant qui chaque fois se ressaisit et qui, en définitive, finira par faire entendre raison aux réfractaires de la montagne.

La montagne se meurt

Force est de constater que l’adversaire colonial, tout en maintenant son blocus de la montagne,  conserve l’initiative des opérations grâce à sa supériorité en effectifs et en moyens militaires. Cela se remarquera surtout après 1929-1931. À l’issue de la scandaleuse quasi-débandade des Ayt Yâqoub, qui aura occasionné des remous jusque dans l’Assemblée à Paris, on s’empresse de remettre de l’ordre dans la maison. Ironie  du sort : le très métropolitain général Vidalon ayant fait porter le chapeau pour cette affaire à son collègue Freydenberg,  magnifique soldat colonial, se trouve lui même « vidé » deux ans après suite à une inspection du Ministre Maginot sur le front de l’Atlas. Il sera remplacé par le général Huré, jugé plus énergique. C’est alors le binôme Huré/Lucien-Saint, qui, en donnant une impulsion nouvelle aux opérations, va résorber les dernières « taches » dissidentes.

Si du côté des résistants des incursions en plaine demeuraient jusqu’alors envisageables, avec le resserrement du dispositif français cela s’avère problématique. N’en déplaise à ceux qui, comme les Ayt Yahya n’en conservent pas moins un moral de vainqueurs, ayant encore des velléités de pousser au nord, au besoin de venir razzier les tribus soumises aux abords de Meknès. Leur principale faiblesse : l’absence d’une structure de commandement unifiée, voire d’un chef dominant ayant de la situation une vision d’ensemble. Si dans la partie orientale de la tache Ou-Sidi de Tilmi est unanimement reconnu comme meneur d’hommes charismatique, fin tacticien et potentiellement unificateur, avec Ou-Skounti comme bon second, à l’ouest c’est l’émiettement : au moins cinq chefs maraboutiques plus ou moins rivaux, relevant des confréries maraboutiques des Ihansalen, Taïbiyine, et Imhiouach,  se disputent la prééminence.

Le déclin de la résistance montagnarde s’amorce pendant l’été de 1931,  au moment où le général Huré fait finalement occuper Tounfit. À cette occasion, Ou-Skounti, à la tête de sa harka mixte de 600 Ayt Merghad et Ayt Hemmou, était venu en personne diriger les mesures défensives dans le secteur : tournée de propagande chez les Imtchimen (Ayt Yahya) qui menaçaient de rallier l’envahisseur ; organisation d’un point d’appui au Tizi n-Mechfraoun afin de s’opposer aux troupes du GM de Meknès. Cette fois-ci la fortune changea de camp ; ce fut un tournant dans la guerre de l’Atlas. Après trois jours de combat (15-18 juillet 1931), exposé au matraquage de l’aviation et de l’artillerie, débordé par une nuée de partisans (lbertiza) soutenus par des Goums, Ou-Skounti lâche prise, se retire vers le sud. Le mythe d’invincibilité qui l’entourait, ainsi que ses Ayt ‘Isa Izem et Ayt Hemmou, s’effondre. Tounfit tombe aussitôt.

Entretemps, les Ayt Yahya ne croient pas encore à une occupation définitive de leur territoire, les difficultés du relief, tout en lignes de crêtes boisées, constituant à leur avis une défense naturelle face à l’envahisseur. C’est le message en tout cas, que leur transmet le maraboutboutefeuSi Mhand ou-Lhajj. Cependant, rien n’y fait. À la fin-juillet, le GM du Tadla menace leur pays depuis le nord-ouest, alors que non loin de là, c’est la zaouïa Sidi Yahya ou Youssef du récalcitrant marabout lui-même qui tombe à son tour. Quelques jours après, une contre-offensive nocturne contre les positions françaises de l’Amalou n-Tmezra échoue lamentablement. Abandonnant définitivement la région de Tounfit, les Ayt Yahya se retirent au sud du Jbel Ma’asker.

L’été suivant leurs effectifs iront alimenter le réduit défensif du Haut Agheddou, centré sur l’extrémité ouest du Jbel Tazizaout, en territoire Ayt Sokhman, où le marabout Sidi Lmekki, descendant de Boubker Amhaouch (celui-là même qui avait battu le sultan à Lenda en 1818), s’apprête à honorer son rendez-vous avec le destin. En effet, les prophéties « amhaouchiennes » avaient prédit au pied du Tazizaout l’ultime et victorieux combat contre les irumin envahisseurs.

Dès le milieu de l’été 1932, devant l’inexorable avance des colonnes (lkunur) françaises, convergent vers le Tazigzaout l’ensemble des Ayt Sokhman de l’est, des Ayt Yahya, des Ayt Hadiddou, des refugiés du Moyen Atlas, ainsi que des déserteurs d’unités indigènes. Cela fait beaucoup de monde – environ un millier de combattants – solidement retranchés dans un enchevêtrement de grottes, de cèdres géants, de crêtes rocheuses et de ravins broussailleux. Déclenchée le 22 août, la bataille du Tazizaout va durer près d’un mois.

Bien que l’issue ne fasse pas de doute pour les Français, l’acharnement dont font preuve les résistants traduit une confiance dans l’avenir que rien ne semble ébranler. Par leur exemple, Sidi Mhand El Mehdi et Sidi Mortada, frères combattants de Sidi Lmekki, galvanisent la résistance, lui donnant le souffle nécessaire pour défendre pied-à-pied contre les partisans zaïan la colline de Taoujjâout, prise et reprise deux fois les 22 et 23 août. Lui permettant de subir avec stoïcisme un martellement presque incessant de bombes et d’obus, qui anéantira sans discrimination bêtes, vieillards, femmes et enfants ; lui prêtant le courage, dans la nuit du 6-7 septembre, d’aller déloger partisans et Tirailleurs du « Piton des Cèdres », en leur prenant deux armes automatiques. Dont l’une sera maniée de main de mettre, jusqu’au dernier jour par le héros Lahcen Ouhaqqar.

Poussant les dissidents à tenir dans leurs trous une semaine au-delà de la date (13/09) officielle de capitulation, ou de forcer le blocus militaire au sud pour rejoindre la résistance chez les Ayt Hadiddou. Plus que la force militaire, en fait, c’est la faim et la soif qui eurent raison des défenseurs du Tazigzaout ; ceci joint au fait qu’entre le 4 et 6 septembre échouèrent deux tentatives malheureuses entamées par leurs voisins Ayt Hadiddou et Ayt Sokhman de l’ouest pour leur porter secours.

Un scénario quasiment identique se déroulera un an plus tard au Baddou, en pays Ayt Merghad. 1933, du reste, avait mal débuté pour la résistance. Au petit jour du 8 juin, lors d’une tournée de reconnaissance sous le Tizi n-Inouzane, Ou-Sidi trouve la mort dans une embuscade. Privés de ce chef charismatique, les Ayt Hadiddou s’en trouvent atterrés ; plus rien ne semble pouvoir écarter la plus funeste des conclusions à cette guerre de trente ans.

Cernée par les troupes des GM de Marrakech, des Confins, du Tadla et de Meknès, pendant l’été 1933 l’ultime cohorte des résistants, se retire en combattant des jardins d’Itto Fezzou, puis de l’austère Tizi n-Hamdoun ; enfin des grottes et ksour d’Aghbalou n-Kerdous. Ne sachant plus où donner de la tête elle s’enferme dans l’âpre citadelle rocheuse du Baddou. Là, Ou-Skounti et ses braves livrent leur combat suprême en défendant le piton culminant d’Ouksersou à près de 3.000m d’altitude. La faim et la soif, s’avèrent déterminants, la dernière aggravée par des tirs de mitrailleuses sur les rares points d’eau où des femmes amazighes dévouées se font tuer de nuit en cherchant vainement à ramener le précieux liquide. En pure perte ; Ou-Skounti, ayant cherché une dernière fois à briser l’encerclement, finit par se rendre. Quinze jours plus tard, chez les Ayt Sokhman, le bastion du Kousser tombait, lui aussi. « L’honneur n’est plus, la voix de l’acier s’est tue ! » dira un barde berbère de l’époque.

Ensuite, jusqu’au début 1936, un post-scriptum inattendu à ces pénibles combats sera écrit par un Ou-Merghad, le très controversé Zayd Ou-Hmad, mi-résistant, mi-bandit qui, épaulé par deux ou trois compagnons, s’opposera lors d’une série de coups de mains et d’autres exactions, aux Goums de Paulin et du Capitaine Henry (lqebtan ri). Aventure sans lendemain qui prendra fin au ksar de Tadafelt sur le Bas Todgha, mais qui permettra à Zayd ou-Hmad,  à tort ou à raison, d’accéder au panthéon des héros.

Conclusion

Voilà ce que fut la résistance chez les Ayt Sokhman et les Ayt Yafelman pendant les dernières phases de la pénétration militaire française dans le Grand Atlas. Menée avec héroïsme, le savoir-faire tactique, le courage des résistants n’étant rarement en cause, elle succomba faute d’appuis extérieurs, faute de moyens militaires suffisants, et en l’absence de cohérence et de vision d’ensemble, ceci aggravé par un manque de profondeur stratégique que rien ne pouvait combler. Compte tenu, aussi, de la supériorité technologique de l’envahisseur. Quant à décider si cette résistance fut à caractère nationale ou para-nationale, la question ne fait pas l’ombre d’un doute chez les militants amazighes du moment, ni chez les descendants des combattants en question, qui estiment que le sacrifice consentis par leurs aïeuls lors de la défense du Maroc a été fort injustement occulté depuis des décennies. Depuis d’ailleurs, dans l’esprit des principaux concernés, le statut des combattants du « djebel » est passé d’imġiwwuġ (‘dissidents’), ou imsubren (‘insoumis’), à imžuhad (‘combattants du jihad’) par un glissement sémantique commode dans le cadre d’une reconstruction historique. À cet effet, remettre dans leur contexte ces évènements en revisitant l’histoire du Maroc, est l’une des tâches dévolues à l’IRCAM, institution fondée par Sa Majesté le roi Mohammed VI au tout début du siècle actuel.

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